😫 10 morceaux pour survivre à cette semaine-marathon post-long weekend

En écoute cette semaine : Vanille, Danko Jones, Hansom Éli, JaRon Marshall avec Dominique Fils-Aimé, Émile Bourgault, Blondshell, un «hommage« à Mélanie Joly, un cover «punk rock» de Daft Punk, Laraw et Spanish Love Songs.

Une employée fatiguée à son bureau.

J'espère que ta fin de semaine était 1, longue et 2, reposante. Parce que, guess what?, toute, toute, TOOOUUUUTE redevient pressant ce mardi matin. Ugh!

Pour celles et ceux qui s'ennuient de mes chroniques «humiliations» (ou serait-ce humiliations chroniques? Je me pose la question, parfois), j'ai finalement eu mes résultats de vasectomie (pour relire cette histoire sur fond d'Avec pas d'casque, c'est ici) et, pour citer, The Mountain Goats : No Children dès maintenant!

Pour les mélomanes qui s'en calissent un peu (je vous comprends), la suite de l'anecdote est en fin d'infolettre/publication.

Sur ce, voici les...

Nouveautés à (re)découvrir

Lune d'argent de Vanille

À l'approche de la parution de l'album Un chant d'amour de Vanille (à paraître le 17 octobre), je me suis dit que ça serait une bonne idée de revisiter le plus récent single, Lune d'argent qui a été lancé en septembre.

Tout comme Ce n'est pas ici, ce n'est pas ailleurs paru un peu plus tôt cette année, Lune d'argent laisse présager un exercice de style pop rétro flirtant avec le doo wop, la soul et le yéyé nord-américain des années 60. Ainsi, autant les fans des Supremes que de Michèle Richard, par exemple, y trouveront leur compte.

Mieux encore, Vanille ne se contente pas de singer, mais bien de s'approprier le genre. C'est vraiment relevé. J'adore.

Diamond In The Rough de Danko Jones

La panthère brune, comme il se surnomme, sort de sa tanière (gneuh!) le 21 novembre avec son nouvel album Leo Rising.

Fidèle à son habitude (pourquoi changer une recette gagnante, hein?), propose – à en croire ce nouveau single – une nouvelle fournée de morceaux cock rock efficaces. Qui est-ce qui va adorer? Les fans de The Hives, voire de Kiss ou de Nickelback, mais surtout les gens qui aiment leur rock joué 1, fort et 2, par un dude qui semble zigné sa guitare.

Même si vous n'aimez pas sa musique, allez voir Danko Jones au moins une fois en concert dans votre vie. Vous m'en remercierez.

Space To Win de Hansom Éli

Le duo indie pop montréalais s'est retrouvé à Los Angeles cet été pour participer à un camp de composition de chansons organisé par l'Accélérateur créatif canadien et y a retrouvé de nouveaux collaborateurs, dont le multi-instrumentiste TJ Whitelaw (qui compte John Legend et Jessie Reyez, notamment, parmi ses collaborateurs).

Le maxi WE BUY SOULS! (LA Sessions) est, vous l'aurez deviné, une carte postale sonore de cette expérience. C'est une production de trois pièces à peine, mais qui débordent d'idées tout en demeurant homogène. C'est de la pop «cérébrale», donc... dans le sens que ça ne se danse pas trop, mais que ça demeure agréable.

Voici donc Space To Win, mon morceau préféré du tryptique.

·

The Realest de JaRon Marshall et Dominique Fils-Aimé

Vous rappelez-vous, pendant la pandémie, que tout le monde – du moins, le monde sur Tinder – était bandé raide sur Black Pumas? C'est un peu comme l'été où tout le monde capotait sur le swing à cause de la pub de Gap.

C'était mon intro de vieux monsieur pour vous annoncer que le claviériste du groupe, JaRon Marshall, vient de sortir un album solo – The Return Of Slick – pis c'est très, très bon.

En plus d'être un hommage à son défunt père, le fameux Slick, c'est aussi une courtepointe habilement cousue. C'est soul, bien sûr, mais on flirte aussi avec la pop, le rap, le jazz, voire même le trip-hop.

En prime, c'est un peu local par la bande, car Dominique Fils-Aimé lui prête sa voix pour son hit Keep On Shining, sûrement un des morceaux les plus accessibles du lot.

Si jamais Keep On Shining vous laisse pantois (je partage votre opinion, en tout franchise), je vous recommande chaudement The Realest, surtout si vous aimez le rap backpack.

Mélanie Joly de Union Church

Mon moment préféré de la semaine (quand je m'attable pour cette infolettre) : creuser pour des nouveautés locales dans cette jungle qu'est Bandcamp.

Cette semaine, j'en reviens avec un extrait rock distorsionné à souhait, aux limites du jam et d'un mantra. Difficile de faire le lien, mais on y aborde 1, boire de la bière et 2, Mélanie Joly. C'est... particulier!

Arms de Blondshell et Gigi Perez

Sensation dans les cercles apprécient Boygenius et compagnie, Blondshell fait également dans un indie rock tirant vers la pop et le folk en plus de carburer aux textes délicieusement crus et courageux dans toute leur vulnérabilité.

Au début de l'été, elle proposait If You Asked for a Picture, un second LP qui s'en est tiré avec des critiques souvent dithyrambiques. Le 14 novembre, elle proposera une version «deluxe» nommée Another Picture où on retrouvera, en prime, des reprises de ses tounes entonnées en compagnie d'illustres invités, dont Folk Bitch Trio et Conor Oberst.

En attendant la parution complète, elle propose un duo acoustique d'Arms (cliquez ici pour entendre la version originale) livré avec Gigi Perez. Mieux encore, cette refonte est meilleure!

Passer tout droit d'Émile Bourgault

Un peu plus d'un an après la parution de son premier LP Tant mieux (qui lui aura permis de se retrouver en lice pour le prix de la Révélation de l'année au gala de l'ADISQ), l'auteur-compositeur-interprète s'attelle déjà à une suite à en croire la parution du single Passer tout droit vendredi dernier.

Morceau toujours sous la houlette de Felix Dyotte, Passer tout droit met de l'avant un Bourgault un peu plus mature (déjà!?) musicalement parlant.

La chanson me stresse un brin, pour tout vous dire.

Sans vouloir (trop) verser dans l'âgisme, ça me semble jeune pour s'insérer dans un sillon de pop québécoise déjà très chargée avec les Ariane Roy et autres Thierry Larose, surtout quand Tant mieux annonçait une pop rock désireuse de s'émanciper. Je m’attendais à une prise de risque plus marquée, bref.

J'espère que le 'tit bum me fera ravaler mes paroles, toutefois.

Get Lucky (de Daft Punk) par Deap Vally

Je suis un peu en retard à la parade – l'extrait aurait été dévoilé en septembre –, mais j'en parle aujourd'hui, surtout parce que Lindsey Troy, membre du défunt duo rock Deap Vally dévoile la petite histoire derrière sur son Substack.

En gros, une amie – la réalisatrice et scénariste Rachel Lee Goldenberg — lui aurait demandé une reprise «punk rock» du fameux hit pour une scène se déroulant dans un bar pour son film Swiped, un drame biographique sur Whitney Wolfe Herd, fondatrice de l'app de rencontres Bumble.

Je dirais «punk-rock-entre-guillemets» au final, parce que ça me rappelle davantage The Strokes que, genre, Distillers, mais je dois avouer que Lunachicks – qui est catalogué punk rock – n'est pas très loin de l'approche de Deap Vally. N'en demeure pas moins que c'est une adaptation très l'fun.

Sorry de Laraw

Je m'excuse d'avance, mais... c'est de l'excellente pop locale, mais si on me faisait écouter la pièce à l’aveugle, je ne saurais dire qui chante.

Sorry plaira aux fans de Sabrina Carpenter, Dua Lipa, Sophie Ellis-Bextor, voire Milk & Bone, mais n'en dit pas long sur l'essence, voire l'identité même, de Laraw. Sa griffe tarde à se planter, bref. À suivre!

Berlin de Spanish Love Songs et Tiger Jaw

Bien que mon histoire d'amour avec le combo rock de Los Angeles s'étiole – je n'aime pas être de la gent «j'préférais leur stock d'antan», mais leurs œuvres à la «j'fais de l'anxiété, mais j'vais changer, bébé, YEAH!» m'interpellent plus que leur posture «j'fais de l'anxiété pis j'aime beaucoup The National.»

Va savoir pourquoi, hein?

M'enfin, le collectif va sortir un maxi au titre incroyablement prétentieux – A Brief Intermission In The Flattening of Time – le 21 novembre et ça pourrait autant plaire aux fans de The National, évidemment, mais aussi de The War On Drugs et, pour les plus nostalgiques d'entre nous, The The, comme en témoigne le single Berlin...

...

Vous êtes encore là? Vous méritez une médaille… ou, au moins, cette fameuse anecdote...

Vasectomie, suite et fin

Comme mentionné précédemment, l'opération était rapide et relativement sans heurt (moins que de se faire installer un stérilet, je suis prêt à parier). Rien qu'une sieste ou deux pis un ice pack de temps à autre n'a pas pu régler, au final. Alors, disons, que vous vous appelez Steve ou que votre chum s'appelle Steve et que vous hésitez toujours, rassurez-vous. Si la plus grande poule mouillée de Saint-Michel peut y arriver, vous aussi.

J'vous vois venir (🥁)...

«Doux André, est-ce que, pour paraphraser Patrice Michaud, ta «mécanique générale», opère toujours?

Et je vous répondrai :

«Bin oui et j'ai été très rigoureux pour le vérifier.»

Voyez-vous, la documentation accompagnant l'intervention recommandait 30 séances d'astiquage de trombone pour évacuer ce qui demeure de reproductif. Le docteur, lui, m'a mentionné de me polir le Félix de la PROJECTION de l’année au moins 40 fois avant de passer un spermogramme.

Étant un éternel people pleaser (et un self pleaser), j'ai opté pour 40 fois, bien sûr. Juste pour être certain.

J'ai dessiné 40 gouttes sur un post-it que je rayais au fur et à mesure que, comme le Roi de la pop, je me la Beat it. Un processus plaisant, on ne va pas se leurrer, et... relativement court. J'ai atteint les attentes en un temps record, bref. Pour citer une collègue qui en sait trop : «c'était un petit mardi pour [moi]».

Ça a été aussi une quête personnelle où je me suis surpris, parfois, à me rendre jusqu'à la page deux d'un certain portail orange et noir. Je me sentais comme le Christophe Colomb de la masturbation, à la recherche d'une nouvelle contrée tout en faisant des erreurs de navigation.

Puis vint le spermogramme.

On m'a proposé un rendez-vous – gratuit, yé! – un matin à l'hôpital de Longueuil (ugh). Merci encore à ma conjointe d'avoir déposé ma fille à l'école, parce que l'idée d'imiter les Divinyls au rez-de-jardin alors que mon enfant termine sa toast à l'étage était tout sauf excitante. Sans compter le moment à pogner les nerfs sur le pont en plein embouteillage.

«Laissez-moi passer! J'ai d'la dèche sous l'bras (je devais tenir le pot au chaud) pis, si je suis pas là dans 30 minutes, je devrai revenir (🥁)!»

Arrivé au laboratoire, on me demande de remettre mon spécimen.

«Bin... je dois le produire en fait. C'est pour ça que je suis là d'avance...»

On me dirige donc vers la toilette la plus glauque de l'endroit, situé au énième sous-sol, là où ni le soleil ni une connexion web fiable ne pénétraient. J'ai donc dû redoubler d'ardeur pis utiliser mon imagination pour finalement triompher.

Manque juste «agile», résilience» pis «leadership» ici et là pis c'est de la moulée feel good pour LinkedIn, non?

À la semaine prochaine, les punk(ette)s!

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