C'est moi ou... c'est «calme» ces jours-ci? Musicalement, j'veux dire.
J'en ai pris conscience en écoutant l'épisode de The Big Picture abordant Mercy, un thriller particulièrement imbuvable selon un autre balado de cinéma que j'adore. On y mentionne que janvier et février sont souvent des mois de «dompe» pour le cinéma : on sort des films «juste parce que», sans trop de foi derrière, histoire de laisser le budget promo et les plages horaires de choix — les semaines menant à l'été et les Fêtes — aux hits assurés ou aux œuvres avec du mérite.
C'est aussi une période d'accalmie dont profitent certains artistes plus «indés» pour dévoiler des propositions parfois plus risquées (l'album remix d'Ariane Roy vient en tête) ou des disques qui occuperont davantage l'espace médiatique, l'actualité culturelle étant plus tranquille (comme celui de Gab Bouchard, par exemple).
C'est le calme avant la tempête, bref. Le corps à la température normale avant la fièvre.
Et justement...
J'ai dévoré cette semaine l'étude Contagious Rhythms d'un collectif de l'Universidade Federal de Minas Gerais du Brésil. Le papier confirme ce que tout mélomane pressent : la viralité musicale se propage comme une épidémie.
Selon leurs calculs, une chanson virale possède un taux de reproduction médian de 161, ce qui la rendrait infiniment plus contagieuse que n'importe quel virus biologique connu. Ainsi, chaque personne qui partagerait la tendance du moment sur ses réseaux en «infecterait» 161 autres et ainsi de suite!
L'étude fait également une distinction entre la viralité et le succès.
La viralité, c'est l'explosion sociale : une contagion basée sur le partage et l'excitation du moment. Le succès, lui, est une mesure de volume à long terme, souvent dopé par des budgets marketing ou des placements stratégiques sur les listes d'écoute de gros joueurs.
Pis c'est là que je tente de tracer ma 'tite ligne éditoriale pour 2026 : faire fi des algorithmes et des palmarès radio, pour dénicher la «viralité» organique : des chansons qui, on l'espère, vont se propager par la seule force de leur qualité... ou qui sont juste bonnes, t'sais.
Sans plus attendre, voici donc cinq tounes qui devraient vous picoter les feelings. Bonne écoute (et bonne contagion).

Chansons à (re)découvrir
Sur la photo : Mort Rose
Steve le poisson de Mort Rose
Tout d'abord, je vous rassure : Mort Rose n'a pas repris la fameuse chanson virale au titre semblable pour son nouvel album Mont rose. Le clin d'œil demeure tout de même sympathique... tout comme l'œuvre très slacker rock où le plaisir des musiciens aux tendances psychédéliques est mis à l'honneur.
Aussi à noter : c'est 10 chansons en un peu plus d'une trentaine de minutes. Pour citer les poètes (Sum 41) : all killer, no filler.
Might See You There de Weird Nightmare
Weird Nightmare, c'est le projet rock solo d'Alex Edkins, membre du groupe punk canadien culte METZ. Le principal intéressé surprend ici en empruntant une voie davantage power pop pétaradante; les nostalgiques des belles années de Matthew Sweet et de Teenage Fanclub vont capoter.
Le mot d'ordre ici : avoir du fun... et ça s'entend.
Weird Nightmare ne singe pas, toutefois, la belle époque et n'est pas un univers à part pour Alex Edkins. Ainsi, les fans de punk à la METZ, voire Pup et Jeff Rosenstock, y trouveront également leur compte.
Might See You There est le second single de l'album Hoopla à paraître le 1er mars.
Nunavut de Spaghatt
Spaghatt est un collectif country rock mené par l'auteur-compositeur-interprète et guitariste Émile Touzin-Deschênes. Actif depuis au moins 2021, le projet lance un premier maxi convaincant, surtout auprès des fans de Willie Nelson et de Stephen Faulkner.
Toutefois, au risque d'être un chroniqueur insupportable, la facture sonore de Perte totale est souvent trop sage et proprette, en marge des débuts du projet — le délicieux single P'tite crisse — et des références du collectif. Les admiratrices et admirateurs de la dynamo Sara Dufour vont adorer, par contre.
- Mais pourquoi t'en parle alors, Péloquin?
- Parce que la ballade Nunavut, toutefois, fait exception. Si je faisais mon gérant d'estrade, j'oserais espérer un recadrement dans cette direction pour la suite des choses.
- T'es vraiment insupportable.
- Je le sais, ô interlocuteur imaginaire. J'en parle avec mon psy aux deux semaines.
BLEACH d'Ecca Vandal
Ecca Vandal est une artiste australienne iconoclaste, captivante et qui ne se laisse pas étiqueter facilement. Au risque de recevoir une «bine» sur l'épaule : pensez au foisonnement artistique et au buzz entourant M.I.A., voire Grimes, avant les ravages du vedettariat.
C'est rap, c'est rock, c'est électro, ça groove tout en étant sans compromis.
BLEACH est un bon morceau à ajouter à une liste d'écoute pour faire du sport ou se défouler. Les fans de Backxwash et Tanya Tagaq devraient tendre l'oreille.
On The Inside de Me, You & My Metronome
Le label local Petit village surprend à nouveau avec un LP pour Me, You & My Metronome, projet rock très indie mené par Jon Sakata, un musicien qui a galéré d'Austin à New York avant de se retrouver à Montréal. Nommée Hooray For The Status Quo, l'oeuvre est intimiste et douce à souhait.
Si vous aimez Real Estate et les moments plus introspectifs de Metronomy, vous allez adorer cet ovni. Hop. Je vous partage mon morceau préféré de l'oeuvre!
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