Refrain connu, mais bon :

🎶L'infolettre est en retaaaard. Je m'en excuse, mais on sait tous les deux que ça va se reproduire tôt ou taaaard 🎶On sait aussi que je vais chercher quelqu'un d'autre à blâmeeeer 🎶J'vais donc pointer du doigt l'Ontario, évidemment, pis l'actualitéééé! 🎶

Plus sérieusement, on apprenait la semaine dernière que l'Ontario fait du lobbying intense pour son budget 2026 afin de cimenter sa place sur l'échiquier mondial des concerts. C'est inquiétant pour le Québec : si Toronto devient la seule ville canadienne assez subventionnée pour accueillir les mégas-productions, Montréal risque de disparaître (encore plus) des itinéraires internationaux.

C'est tough «dealer» avec le rejet, t'sais.

Pire encore, les projections de Music Business Worldwide pointent vers une année 2026 où le marketing des grosses pointures va de plus en plus viser les baleines : les super fans qui vont acheter toutes les déclinaisons possibles du même vinyle de leur artiste favori ou qui vont dépenser sans compter pour des billets de concerts aux prix exorbitants juste parce que. Crisse, Harry Styles n'a même pas l'excuse de devoir payer des frais de transports pour sa résidence – déjà sold out, d'ailleurs – au Madison Square Garden. L'ÉQUIPEMENT EST POGNÉ LÀ PLUS D'UN MOIS!

C'est aussi rough de sentir que quelqu'un abuse de nous, faut dire.

Pour se consoler : cinq nouveautés qui viennent à toi – peu importe où tu es – et gratuitement!

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Toujours en pause du balado. Faut dire que je suis plus actif sur Instagram et TikTok pis, mautadine, les statistiques y sont meilleures. Je suis en réflexion, donc...

Nouveautés de la semaine

Photo : Wodos

Mes amis m'haïssent de Frais Dispo

Tranche de vie : j'ai mentionné mon infolettre à mon psy tout en papotant alors que je remettais mes lunettes (c'est connu, je braille mieux les yeux nus) et il a mentionné qu'il irait consulter ça sous peu. Small talk? Menace? À suivre, mais en attendant : le morceau Mes amis m'haïssent du combo pop rock local Frais Dispo m'a rappelé cet échange (je vous laisse deviner pourquoi).

Pour finalement aborder la toune : il s'agit d'un des trois extraits dévoilés en marge de la parution de l'album Il est tard et j'ai mal partout (chose que j'ai maintes fois répétée à ma chère ostéopathe tant qu'à se confier). Le LP complet apparaîtra dans les bacs et sur les plateformes le 13 mars.

Côté références, je trouve que ça fait très «Déjeuner-en-paix-core», une étiquette que je tente d'accoler «juste parce que» aux artistes maniant la pop, le rock et folk habilement tout en étant nostalgique de la quand même brève époque où Pierre Bertrand était — avec raison! — poppin'. Une musique moderne, tendance, mais aussi nostalgique à la fois, bref.

OK, des liens un peu moins dans ma tête : Bon Enfant et Neil Young (époque Harvest) pour ce côté rétro un brin psyché, puis Gab Bouchard pour l'interprétation un 'tit peu décalée.

Minnesota Nazis de NOFX

Refrain connu, mais quand même : sale temps aux States qui se fascisent à vitesse grand V.

En réaction au clusterfuck de Minneapolis, plusieurs artistes dégainent la guitare, dont le Boss, bien sûr, mais aussi l'illustre troubadour folk engagé Billy Bragg, le combo rock pop Waterparks et Fat Mike qui ressuscite NOFX le temps de Minnesota Nazis, un brûlot punk rock aux accents surf rock (oui, oui).

La pièce fait très, très, trèèèèèèèès NOFX, mais c'est l'intention qui compte et, surtout, le timing aussi.

En parlant d'ICE, saviez-vous que l'entreprise incorporée au Québec GardaWorld en tire profit? Il y aura justement une manifestation pour souligner notre grogne collective le 13 février prochain.

Tout c'que j'ai de FiligraNn

Le rappeur et, désormais, beatmaker et producteur local FiligraNn lance sa première chanson réalisée «tout seul comme un grand» comme il l'explique sur son Patreon.

Une célébration du chemin parcouru, de la famille reconstituée pis de la gratitude qui en découle sur fond de beat délicieusement laid back qui n'est pas sans rappeler certaines productions de SevDee au passage.

Why Bother? (de Weezer) de Jessica Lea Mayfield et Dolour

Autant je chie quasi régulièrement sur Weezer, autant je vais gatekeeper jalousement ses cantiques sacrés comme si j'étais un elfe à la bataille du gouffre de Helm.

Bref, l'autrice-compositrice-interprète indie rock folk américaine Jessica Lea Mayfield s'est lancée dans une drôle d'aventure : reprendre Pinkerton de Weezer en entier avec comme principal accompagnement un piano manié par Shane «Dolour» Tutmarc.

Elle vient tout juste de dévoiler un premier extrait, pis – bien que l'actualité du moment devrait suffire – j'ai quand même plongé dans mes ressources pour faire en sorte que ça me gosse de façon déraisonnable.

Mise en 𝚋̶𝚘̶𝚞̶𝚌̶𝚑̶𝚎̶ oreille : Why Bother? est essentiellement un morceau où Rivers Cuomo, horny et excité comme ce n'est pas possible, confie qu'il hésite à s'amouracher, de peur de se (faire) blesser au final. C'est livré avec une urgence et une candeur qui désarment le propos, un brin aux limites du bon goût, du principal intéressé. Grosse toune pour un album désormais immortel, en gros.

Des décennies plus tard, Jessica Lea Mayfield l'interprète d'une façon blasée à la limite de la provocation sur fond de piano de saloon ou, pire encore, de café bar jaaaAAAaaazz. Loin de moi l'idée de douter de son talent ou de son intention (j'ai pris connaissance de l'existence du projet car je suis l'artiste sur ses réseaux sociaux, après tout), mais disons que plusieurs mauvaises décisions ont été prises en amont.

Aparté : bien que je considère parfois être «mort en d'dans» sur une ribambelle de sujets, c'est «bon» de sentir son sang devenir volcanique après une action aussi absurde qu'est l'écoute d'un morceau franchement mauvais. Vive la musique!

Helter Skelter (démo) de Wodos

Alors que la frontière entre la musique générée par l'IA et la pop de café sans âme (comme cette ignoble reprise d'Etcetera) se réduit comme peau de chagrin, tomber sur des pépites comme la compilation Québec Trash Attack 2025 vient me gonfler la poitrine comme le ferait un cachet de citalopram.

Sans surprise, Québec Trash Attack compile 19 morceaux joyeusement inégaux (ce qui tient quasiment du statement en ces temps souvent lisses culturellement parlant). Seul trait en commun : une volonté à nous décalisser les tympans.

Pour en parler, je vous partage un démo de Wodos, groupe de Québec instigateur du projet.

Les fans des premiers moments de Metallica et de tignasses luxuriantes vont adorer.